Notules
dominicales de culture domestique n°365 - 7 septembre 2008
DIMANCHE.
Solution. Le texte sur le nageur qui
ne savait pas nager était de Franz Kafka, Oeuvres complètes
II, "Récits et fragments narratifs", Gallimard, Pléiade,
1980, traduction de Marthe Robert (p. 565). On a avancé les noms
d'Erik Satie, admirateur connu du nageur américain Duke Kahanamoku,
héros d'Anvers, et d'André Gide. Kahanamoku a lui aussi
été proposé dans le cadre d'un récit de rêve.
Itinéraire patriotique départemental.
Un arrêt à Charmois-devant-Bruyères, sur la route
de Saint-Jean-du-Marché, pour enregistrer le monument aux morts.
Vie thermale. Ma mère part
en cure à La Bourboule. L'an passé, elle était, pour
les mêmes raisons, à Bourbonne-les-Bains. Si jamais elle
se rend les années prochaines successivement à Brides-les-Bains,
Cambo-les-Bains puis Camoins-les-Bains, je saurai de qui je tiens mon
goût pour l'ordre alphabétique.
Courriel. Une demande d'abonnement
aux notules.
LUNDI.
Vie professionnelle. Journée
de pré-rentrée au collège. Pour une fois, je n'y
vais pas à reculons. Le fait de ne pas avoir à prendre l'auto,
désormais réservée aux déplacements importants
(vacances, matches de foot et monuments aux morts), me rendrait presque
la chose agréable. Sur place, même chose, un sentiment assez
léger : j'ai revu certains avec plaisir, d'autres sans déplaisir
et j'ai pu offrir, comme je le souhaitais, le livre de Lydia Flem Comment
j'ai vidé la maison de mes parents à une collègue
qui a consacré ses vacances à cette triste besogne. Pendant
ce temps, les fâcheux ont oublié de me fâcher, les
ramenards ont omis de la ramener. Pour un peu, je me demande si ça
vaut la peine que je revienne les jours prochains : j'aimerais rester
sur une bonne impression.
Lecture. Carnet de notes 1991-2000
(Pierre Bergounioux, Verdier, 2007; 1280 p., 38 €).
Le premier volume de ce Carnet, qui couvrait les années
1980-1990, avait été une découverte importante. Cette
deuxième étape laisse une impression plus mitigée
: il n'y a plus l'éclat de la découverte, Bergounioux s'est
dévoilé, on le connaît ou du moins on connaît
de lui ce qu'il veut faire connaître. On connaît les cycles
de son existence, celle qu'il mène en région parisienne,
consacrée à l'écriture et au travail (l'enseignement),
celle qu'il mène aux Bordes, en Corrèze, où il travaille
le fer : "... le partage actuel, les onze mois de l'année
passés à tenter de s'élever, en conscience, à
la hauteur de ce qui a eu lieu sans que je sache de quoi, vraiment, il
retournait, et les quatre semaines concédées aux passions
archaïques, à la réclamation du pays perdu, du grand
passé." Entre les deux, il y a les obligations de l'écrivain,
les voyages (Bergounioux en Belgique : "Le paysage a changé,
ainsi que les plaques d'immatriculation des voitures"), les conférences,
les signatures, les textes de commande, les interviews, les séances
de photos, la radio, la télévision, obligations d'autant
plus nombreuses qu'il semble répondre sans rechigner à toutes
les sollicitations. On connaît son exigence envers lui-même,
son éternelle insatisfaction, ses plaintes, ses difficultés
à écrire ("On n'est pas fait pour ça, l'accès
du sens enfoui est sévèrement gardé, il faut livrer
bataille, verser tribut pour franchir le défilé sans être
à aucun moment certain d'avoir rapporté quelque chose qui
vaille de ce côté"). On connaît son écriture,
polie, précise, rigoureuse qui découle de la même
exigence, ses bizarreries, son utilisation du "que" temporel
("Nous mangeons et parlons jusqu'à minuit et demi que Jean-Claude
me conduit à l'hôtel"), son vocabulaire étrange
à la limite de l'archaïsme : chez Bergounioux, on extrait
un auteur, on administre ou on dispense des cours, on dépêche
des copies, on couvre des pages, on jette le courrier à la poste
et, quand on a le temps, on s'alimente ou on se nourrit. Les jours s'alignent
sur les pages comme dans la vraie vie, les enfants grandissent, l'aîné
devient médecin, le petit cherche encore sa voie après une
scolarité plutôt moyenne ("Le professeur de gymnastique,
qui est un imbécile tout droit sorti d'une série B américaine
(la coiffure, la fatuité accablante, la nullité) lui a donné
une heure de colle parce qu'il n'avait pas déposé une punition
dans son casier"). On croise des connaissances, Denis Montebello,
Manet Van Montfrans, Henri Cueco, Claude Burgelin, Robert Bober, même
Perec est évoqué à l'occasion d'un arrêt au
café de la Mairie. Les affinités se teintent d'amitié,
François Bon devient François, Pierre Michon, Pierre. Comme
avec Edouard Levé, on peut jouer au jeu du "moi aussi/moi
non plus", c'est un des charmes du texte autobiographique. Mais c'est
là que le bât blesse parce qu'on aperçoit un glissement,
au fil du temps. On part d'un constat partagé : "Le sentiment
de la vie est euphorique. Ce qui a pour fonction de nous y attacher -
une prime d'installation. Puis l'expérience, l'exercice de la réflexion
provoquent un désenchantement graduel. Lorsqu'il s'achève,
on peut s'en aller." On est bien d'accord, on connaît ce désenchantement.
Mais au fur et à mesure que les années passent, il semble
prendre la forme, chez Bergounioux, d'un racornissement qui se traduit
par une difficulté de plus en plus importante à souffrir
ses semblables : "Le nombre de gens dont je ne désapprouve
pas les propos, la conduite, décroît très vite".
On s'accorde avec lui sur le goût de l'aube, sur le souci du passé
qui transparaît dans les écrits qu'il livre à cette
période et qui montrent son obsession des origines sociales, familiales,
géographiques, géologiques même, sur l'importance
du travail - pas le travail salarié mais celui qu'on accomplit
en marge, le seul qui vaille et qui permette de sortir de ces vacances
en se disant qu'elles ont été réussies parce qu'on
a bien travaillé - mais on s'aperçoit que ces préoccupations
conduisent Bergounioux à s'éloigner de plus en plus des
autres, des hommes, des siens même, et cet éloignement, on
aimerait si possible l'éviter. En un mot, on ne voudrait pas partager
sa vision "des types que je croisais, dans mon enfance, à
Brive, certains commerçants qui fréquentaient Le Gambetta,
où ils jouaient au tiercé, lançaient des dés,
sur le comptoir, en buvant des apéritifs. Il n'aurait tenu qu'à
moi, je les aurais fait jeter au cachot pour outrage à l'humanité
qu'ils foulaient au pied." On se dit que Bergounioux ne nous apprécierait
guère...
Citation. "Je lis Les Expériences touchant le vide
et les Traités de l'équilibre des liqueurs et de la pesanteur
de la masse de l'air et descends faire les courses au supermarché."
(p. 940)

MARDI.
Vie familiale. Lucie fait ses premiers
pas au collège.
MERCREDI.
Borborygmes. C'en est fini des pitreries
tropéziennes du gendarme Cruchot. Pour renouer avec le sérieux
télévisuel, je m'offre Les Vacances de Mr. Bean sur
Canal +. Je mets vingt bonnes minutes à trouver comment basculer
de la version doublée à la version originale. Lorsque j'y
parviens, c'est pour constater qu'il n'y a quasiment aucune parole audible
qui soit prononcée dans le film.
SAMEDI.
IPAD. 13 décembre 1998. 98
km. (suite)

74 habitants
Entre Les
Ableuvenettes et Ahéville, nous avons croisé un cortège
de Saint Nicolas – trois chars. Le Père Fouettard nous a menacés
de ses verges. Saint Nicolas, dans un costume de Père Noël,
nous a bénis. Cette fois, il y a une église. Mais pas de
monument. Il n’y a personne dehors mais je ne m’en fais pas, j’ai repéré
le cimetière en arrivant. Nous nous y rendons mais il ne contient
que des tombes ordinaires. Un dernier tour de village, par acquit de conscience,
rien. Je pense à l’église : j’ai déjà vu des
listes de noms sous des porches d’entrée. Deuxième coup
de chance de la journée, l’église est ouverte. Il y fait
froid, les murs sont nus. A mi-chemin, sur le mur de droite, je découvre
la plaque de marbre rose.

Honneur Patrie
A
nos morts
1914-1918
Henri
GRANDIDIER 21 janvier 1915 Hersin-Coupigny
Paul
THOMASSIN 3 mars 1915 Notre-Dame-de-Lorette
Léon
MOINE 23 mai 1915 Paris
Emile
MATHIEU 18 juillet 1918 Mareuil
Marcel
LOPVET 3 novembre 1918 Ingolstadt
Marcel
SALOMON F.F.I. 22.9.1944 Chantraine
Le dernier
nom a été peint d’une couleur plus sombre. Plusieurs choses
me chiffonnent. Pas de problème pour les deux premiers, qui sont
morts sur les champs de la bataille d’Artois, ni pour Emile Mathieu :
il doit s’agir de Mareuil-sur-Ay, près de Reims, où passait
la ligne de front le 18 juillet 1918. C’est à cette date que Foch
déclencha une série de contre-offensives dont la première
a dû être fatale à Mathieu. Mais Léon Moine,
mort à Paris alors que le front n’est pas allé au-delà
de Meaux ? Travaillait-il au ministère de la Guerre ? (Là
encore, je n’étais pas très malin, oubliant que Paris avait
été bombardé et qu’on pouvait mourir dans un hôpital).
Et Marcel Lopvet qui va mourir en Bavière ? A ce moment, j’ai pensé
à Modiano et à Dora Bruder. Chacun de ces noms n’en méritait-il
pas autant ?
Il y a un
Henri Grandidier dans l’annuaire à Ahéville. Je ne l’ai
pas appelé. (à suivre)
L'Invent'Hair perd ses poils.

Uccle (Belgique), photo de Marie Didion, 9 mars 2005
Bon
dimanche.
Notules
dominicales de culture domestique n°366 - 14 septembre 2008
DIMANCHE.
Les notuliens sont formidables. En
tout cas pleins de ressources. Alors que je m'interrogeais dans l'IPAD
de la semaine dernière sur les raisons qui avaient fait mourir
deux Poilus, l'un en Bavière et l'autre à Paris, GR m'envoie
une reproduction de leurs livrets militaires, qui donnent les réponses
aux questions que je me posais.
Vie culturelle. Visite de l'exposition
Villeglé "De la transgression à la collection - Itinéraire
d'une oeuvre" au Musée départemental d'art ancien et
contemporain d'Epinal. On peut se demander ce que vient faire ici cette
exposition prestigieuse et importante (12 collections publiques et privées
rassemblées) qui devrait faire un peu plus de bruit lorsqu'elle
atteindra Beaubourg dans le courant du mois. Cet après-midi, il
y avait plus de gardiens que de visiteurs. On peut se le demander si l'on
ne connaît pas les liens d'amitié qui unissaient Jacques
Villeglé et Bernard Huin, aujourd'hui décédé,
qui fut le conservateur du musée local et sut le doter d'une belle
collection d'art contemporain. Villeglé donc, et ses "lacérés
anonymes", placards d'affiches déchirées qui vont du
détail encadré à l'immense fresque de 22 mètres
50, Manson and the Little Rabbits, prélevée sur les
murs de la faculté de Poitiers, une véritable "tapisserie
de Bayeux du lacéré anonyme" comme le dit le mot de
présentation. Il me semble que Léo Malet, avec la caution
d'André Breton, revendiquait la paternité du décollage
d'affiches à but artistique et on pourrait aussi remonter au dadaïste
allemand Johannes Baader. Mais il n'y a pas que les affiches : on trouve
aussi un ensemble d'objets hétéroclites parmi lesquels une
"Chaussure du secrétaire général de la mairie
de Saint-Gratien" et un "Ballon de football dédicacé
par l'équipe de France environ 1982" : on reconnaît
les noms de Papin, Xuereb (il avait un beau nom, Daniel Xuereb, on aurait
dit un palindrome), Battiston, Stopyra et Bossis. Pour me remercier d'être
venu, on a même suspendu dans la cage d'escalier une tapisserie
d'Aubusson d'après un carton de Villeglé. C'est intitulé
Alphabet de carré magique et on y trouve, sous le fameux
SATOR AREPO, un échiquier de 11 sur 11 soussigné "Perec
1976".


Agrandissement
de la photo précédente

LUNDI.
Lecture. L'Homme délaissé
(Out of Range, C.J. Box, G.P. Putnam's Sons, 2005, Le Seuil, coll.
Policiers, 2007 pour la traduction française, traduit de l'américain
par Anick Hausman; 336 p., 21 €).
C'est la cinquième aventure de Joe Pickett, garde-chasse du Wyoming,
et toujours pas le moindre signe de lassitude ou d'essoufflement. Le personnage
continue à se battre pour l'équilibre naturel de sa contrée,
menacée à la fois par les intégristes de l'écologie,
les politiciens sans vergogne qui voient d'un bon oeil tous les projets
immobiliers, un shérif corrompu et une armée de braconniers.
Ça fait beaucoup pour un seul homme qui ne peut s'appuyer que sur
la loi et sur son désir de la servir de la façon la plus
juste possible. Tous les romans de l'auteur relatent un épisode
de cet incessant combat dont son héros ressort vainqueur mais sérieusement
cabossé aussi bien physiquement que moralement. Pour ceux qui se
sont lassés de Jim Harrison, j'en suis, C. J. Box offre une belle
alternative avec ses polars cent pour cent nature, ses paysages grandioses
et ses personnages robustes.
MERCREDI.
Lecture. Dada. La révolte
de l'art (Marc Dachy, Gallimard, coll. Découvertes/Arts n°
476, 2005; 128 p., s.p.m.).
Rien de mieux que cette collection pour réviser ses connaissances
sur un point précis, révision entreprise avant de resservir
pour la énième fois mon cours sur la poésie du XXe
siècle. Si la progression chronologique manque parfois de clarté,
la présentation des grands foyers de Dada (Zürich, Berlin,
Paris, sans oublier les dommages collatéraux à Cologne,
Barcelone, New York et Tokyo) et des grands personnages du mouvement est
irréprochable. Marc Dachy sait faire la part entre la légende
et la réalité, rétablit l'antériorité
de Hugo Ball sur Tzara et donne un bon éclairage sur les différences
entre Dada et le surréalisme. L'iconographie fait bien sûr
la part belle aux arts plastiques mais la littérature n'est pas
oubliée grâce à une courte mais précieuse anthologie
poétique dada. On aurait juste aimé trouver un dernier chapitre
sur les traces laissées par Dada dans l'art contemporain.
JEUDI.
Lecture. De la vie heureuse
(De Vita Beata, Sénèque, 58 ?, traduction par E.
Bréhier, revue par L. Bourgey, rubriques, notice et notes par J.
Brunschwig in Les Stoïciens, Gallimard, 1962, Bibliothèque
de la Pléiade n° 156; 1504 p., 52,90 €).
"Au sujet de la vie heureuse, il ne s'agit point de répondre
comme si l'on votait "Ce parti me semble le plus nombreux",
car à cause de cela même, il est le pire. Les choses humaines
ne vont pas tellement bien que le meilleur plaise au plus grand nombre
: l'opinion de la foule est l'indice du pire. Cherchons donc ce qui est
le meilleur, et non ce qui est le plus commun, ce qui nous met en possession
d'un bonheur éternel et non ce qui a l'approbation du vulgaire,
interprète le plus détestable de la vérité."
C'est à peu près tout ce que j'ai pu retirer de ce traité
qui ne semble pas construit et part un peu dans tous les sens : attaques
contre Epicure, expériences personnelles et généralités
s'y mêlent d'une façon assez confuse.
VENDREDI.
Vie scolaire. Hier, c'était
la rencontre avec le médecin scolaire au collège fréquenté
par Lucie. Ce soir, j'assiste à la réunion des parents d'élèves
de sixième, au même endroit. Le fait de me trouver de l'autre
côté de la barrière me met mal à l'aise, un
malaise tempéré par le soulagement de ne connaître
personne et de n'être connu de personne : j'ai toujours pris garde
de rester discret dans le milieu. Un coup d'oeil sur l'assemblée
me permet de constater que le public n'est pas le même que dans
la vallée sinistrée où j'officie. La statistique
confirme l'impression : plus de vingt parents présents pour les
vingt-cinq élèves que compte la classe de Lucie, on n'a
jamais vu ça dans mon établissement. Tous les êtres
humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Certes, mais ça ne va guère au-delà du séjour
en couveuse.
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SAMEDI.
Football. SA Epinal - Club Olympique
Saint-Dizier, match interrompu à la mi-temps, terrain impraticable.
En montant à la Colombière, je m'arrête faire une
emplette dans un petit centre commercial. J'achète, regagne l'auto,
ouvre la portière et m'apprête à m'asseoir lorsque
j'aperçois sur le siège passager une jeune femme qui est
en train de parler au téléphone et qui me regarde d'un air
vaguement interloqué. J'inspecte l'intérieur d'un oeil de
propriétaire, manifestement, je ne suis pas chez moi. "Excusez-moi,
j'ai la même voiture." La femme est maintenant franchement
hilare. Il y a des jours où on a l'air fin.
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IPAD. 27 décembre 1998. 179
km. (277 km)

67 habitants
Premier
chou blanc : pas de monument dans les rues (à part une stèle
érigée en 1833 sur laquelle on voit une échelle,
un marteau et une paire de tenailles) ni au cimetière. L’église
est fermée. Au retour, j’ai regardé dans l’annuaire : pas
de mairie. Le lendemain, j’ai appelé chez un certain Antonini qui
m’a donné le nom et le numéro du maire, Mme Giraud. Celle-ci
m’a appris qu’il y avait une plaque à l’intérieur de l’église,
que les noms étaient difficilement lisibles, qu’elle n’avait pas
fait de cérémonie du 11-novembre mais qu’elle avait tout
de même prononcé quelques mots (à la messe ?), qu’elle
avait pris des photos de la plaque, qu’elle détenait la clé
de l’église et ne voyait aucun inconvénient à me
l’ouvrir lorsque je reviendrais dans le secteur.
Le 11 novembre
1999, je devais me rendre à Aulnois, à quelques kilomètres
d’Aingeville. J’avais téléphoné la veille à
Mme Giraud et nous étions convenus de nous rencontrer à
15 heures devant l’église. Ce qui tient lieu de monument aux morts
est un tableau sous verre (Berger Levrault Nancy Paris Strasbourg) accroché
au mur de l’église, à droite.

Enfants de la paroisse morts pour la Patrie
Auguste
LULIN décédé au Havre (Seine-Inférieure) le
30 octobre 1914
Camille JACQUEMIN décédé à Zillebeke (Belgique)
le 29 novembre 1914
Fernand POINÇOT tué à Hardecourt (Somme) le 7 août
1916
Edgard BLAISE tué à Barran (Gers) le 16 avril 1917
Emile JERÔME tué à La Ferté-Milon (Aisne) le
8 juin 1918
Albert POIROT décédé à Bourg (Ain) le 15 août
1918
Raymond COLIN décédé à Cuperly (Marne) le
3 septembre 1918
Requiescant in Pace
Pendant que
j’inscris les noms et prends des photos, Madame le Maire me parle de son
village, de l’église qui ne sert que deux fois par an et dont il
faut refaire les plâtres, de son mari qui travaille à Epinal,
de la deuxième fleur qu’Aingeville a obtenue au Concours national
du fleurissement et finit par m’inviter à prendre un café
chez elle. Je décline et nous partons pour Aulnois. (à suivre)
L'Invent'Hair perd ses poils.

Strasbourg (Bas-Rhin), photo de l'auteur, 8 mars 2005
Bon dimanche.
Notules
dominicales de culture domestique n°367 - 21 septembre 2008
DIMANCHE.
Courriel. Une demande d'abonnement
aux notules.
Itinéraire patriotique départemental.
Le monument de Charmois-l'Orgueilleux est enregistré. J'en profite
pour photographier, dans le secteur, ce qui doit être la plus petite
pharmacie des Vosges et qui aurait pu devenir, il fut un temps, la pharmacie
Didion.

LUNDI.
Lecture. Une étude en rouge
(A Study in Scarlet, Arthur Conan Doyle, 1888, in Les Aventures
de Sherlock Holmes vol. 1, nouvelle traduction d'Eric Wittersheim,
édition bilingue, Omnibus 2005; 1120 p., 23,50 €).
La question était de savoir si ça vaut encore la peine de
revenir à Sherlock Holmes dont on a lu à peu près
toutes les aventures il y a nombre d'années. La réponse
est oui, et un oui enthousiaste. Comme on l'a déjà constaté
lors d'expériences précédentes, la relecture permet
un nouvel angle d'approche, une appréhension enrichie par de nouvelles
connaissances. Il faut bien ça pour dépasser le stade purement
policier de l'histoire, qui est ici un peu léger. L'esprit déductif
du héros, par lequel il passera à la postérité,
n'est en effet guère éblouissant dans cette première
aventure, il fera beaucoup mieux par la suite. Non, ce qui est particulièrement
intéressant ici, c'est de voir comment Conan Doyle s'inscrit dans
le genre du detective novel, en faisant disserter son personnage sur les
mérites comparés de Dupin (Edgar Poe) et Lecoq (Gaboriau),
dont il maîtrise d'emblée tous les codes. Le schéma
du héros singulier dont les exploits sont racontés par un
comparse jouant le rôle du faire-valoir mémorialiste sera
retenu vingt ans plus tard par Gaston Leroux qui, dans Le Mystère
de la chambre jaune, reprendra aussi le nom de la victime (Stangerson)
et des détails significatifs ("Dans ce coin-là de la
pièce, un grand morceau s'était décollé, laissant
apparaître un carré jaunâtre de plâtre brut.
Sur la partie dénudée, un mot unique était griffonné
en lettres de sang..."). On voit aussi, dès le départ,
que Conan Doyle n'a pas l'intention de rester prisonnier de son personnage,
que le roman policier n'est pour lui qu'un tremplin vers ce qu'il vise
plus particulièrement, à savoir le roman d'aventures plus
ou moins épiques ou exotiques. Ce genre, qu'il magnifiera avec
les exploits du Brigadier Gérard et du Professeur Challenger, il
ne pourra l'aborder que bien plus tard, quand il se sera enfin débarrassé
de son détective devenu encombrant. En attendant, il fait ses gammes
en livrant ici, dans un récit encadré qui explique les raisons
du crime sur lequel Sherlock enquête, une magnifique épopée
au pays des Mormons dont il égratigne au passage ce qu'on appellerait
aujourd'hui l'intégrisme. Alors relire Sherlock Holmes, c'est oui,
et plutôt deux fois qu'une.
MERCREDI.
Courrier vestimentaire. Le facteur
livre la preuve éclatante - et écarlate - de mon infidélité
au camembert Bons Mayennais.

JEUDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour).
Bagatelle, de Maurice Denuzière (Fayard).
Lecture. De si braves garçons
(Patrick Modiano, Gallimard, coll. nrf; 200 p., 55 F).
Ils étaient tous pensionnaires au collège de Valvert, près
de Paris, ces si braves garçons. Ils ont grandi, suivi des itinéraires
sinueux qui les ont parfois conduits à se retrouver plus tard,
par hasard, parfois en compagnie de personnes aussi étranges que
leurs propres parcours : M. Jeanschmidt, Jim Etchevarietta, Alain Charell,
Robert Mc Fowles, Daniel Desoto, Marc Newman, Michel Karvé, Moncef
El Okbi, Corcuera, Archibald, Firouz, Monterey, Coemtzopoulos, Edmond
Claude, M. Kovnovitzine, Thierry Lafaure, Sylvestre-Bel, Gino Bordin,
Christian Portier, Genia Karvé, Edouard Agam, James Mourenz, Sonia
O'Dauyé, Odette Blache, Philippe Yotlande, Bourdon, Christian Winegrain,
Annette Stryberg, Carton de Borgrave, docteur Réoyon, Gunilla Desoto,
Baby da Silva, Richard Mouliade, Arlette d'Alwyn, M. Weiler, Condriatseff,
Mme Fath, Grout de l'Ain... On peut lire les livres de Modiano rien que
pour les noms des personnages qui les traversent.
VENDREDI.
Courrier musical. Arrivée d'un
CD de Lester Young. J'en extrais le livret, ce que je fais rarement (c'est
écrit tout petit et ensuite c'est tout un cirque pour le remettre
dans le boîtier) et tombe sur cette phrase qui ouvre les notes de
pochette : "Je me souviens de Lester Young au Club St-Germain; il
portait un complet de soie bleu avec une doublure de soie rouge".
Une évocation qui arrive en quatrième position dans le recueil
bien connu de Georges Perec, Je me souviens."
Vie politique. J'apprends à
la lecture des Feuilles
de route de TB que les notuliens "abondaient" à
la Fête de l'Humanité qui se tenait le week-end dernier.
Mine de rien, j'en suis très fier.
SAMEDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour).
Hellsing (manga, apparemment).
Vie musicale. Nous assistons en quatuor
au concert de Sanseverino à l'Espace Georges-Sadoul de Saint-Dié.
Sanseverino, on peut discuter l'auteur, le compositeur, le chanteur aussi
mais le guitariste, non. C'est pour ce dernier que j'ai fait les kilomètres
mais ce n'est pas lui qui joue le premier rôle. L'instrumentiste
apparaît en effet un peu bridé par la formation choisie,
accompagné qu'il est par deux accordéonistes, pas des pousse-boutons
asthmatiques, non, des pointures de l'école de Tulle qui font sortir
un orchestre entier de leur instrument. Sanseverino, c'est aussi la sûreté
du goût, qui lui a fait exhumer et dépoussiérer sur
disque La Maison sur le port d'Amalia Rodrigues (version un peu
bâclée ce soir) et pour ce qui est de cette soirée,
François Béranger (Tango de l'ennui), Johnny Cash
(A Boy Named Sue) et les Wampas (Rimini).
IPAD. 3 janvier 1999. 143 km. (420
km).

246 habitants
Le monument
est une stèle de grès imposante, située au milieu
d'une place en contrebas de l’église. Il occupe le centre d'un
carré de gazon entouré d'une grille. Un récent bouquet
de roses a été déposé par les sapeurs-pompiers.

A nos morts
La
commune d'Allarmont reconnaissante
1914-1918
ECUVE Charles Maire
MATHIEU Alphonse Curé
Suit une
liste de dates illisibles. De la place, une rue Abbé-Mathieu part
vers les hauteurs du village. Sur une autre face, la stèle porte
quatorze noms de personnes décédées entre 1914 et
1918 (le premier est Absalon, comme dans l’annuaire) et deux de morts
en 1940. Beaucoup de noms sont difficiles à lire, la peinture dorée
ayant disparu par places. Sur un troisième côté :
MARLIER
Louis
MARLIER Joseph
MAIRE Jn Bte
OCTAVE Paul 1914
PIERREL Lucien
PIERREL Georges 1918
PIERREL Jn Bte
……….. Lucien
SCHOULER Emile
THIRION Camille
………… Pierre 1917
STREQUE Joseph 1918
Et
cinq noms de morts de 1944 et 1945.
A l'entrée
du village, du côté de Celles-sur-Plaine, un panneau surmonte
un tas de pierres sur le côté de la route :
Guerre
1914-1918
Mur
anti-tanks construit par les Allemands en août 1917
L'Invent'Hair
perd ses poils.

"Arc en C'il Elle", Epinal (Vosges), photo de l'auteur, 3 avril
2005
Bon dimanche.
Notules
dominicales de culture domestique n°368 - 28 septembre 2008
DIMANCHE.
Vie musicale. J'écoute mes
disques d'Hector Zazou, dont j'ai appris la disparition dans le courant
de la semaine. Chansons des mers froides, c'était quand
même quelque chose...
LUNDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour).
Guide des politiques sociales et de l'action sociale (Collectif).
Bon sang, ça m'a l'air ardu. Et la dame n'en est qu'à la
première page. Bon courage.
Courir à trente ans (Nicolas Rey). Le jeune qui l'entame
ne les a pas. Il porte une écharpe aux couleurs du FC Sochaux.
Quand le contrôleur arrive, il extrait son billet d'un portefeuille
aux armes du même club. Un fidèle, un pur. Sochaux est actuellement
dernier du championnat. Bon courage.
La Promesse de l'ange (Frédéric Lenoir & Violette
Cabesos, polar au Livre de poche).
MARDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour).
Je croyais le lectorat de Katherine Pancol exclusivement féminin,
et plutôt mûr. C'est pourtant un jeune homme qui est assis
face à moi ce matin, plongé dans l'édition poche
des Yeux jaunes des crocodiles.
Lecture. Arsène Lupin gentleman
cambrioleur (Maurice Leblanc, Lafitte, 1907; rééd. in
Les Aventures extraordinaires d'Arsène Lupin vol. 1, Omnibus 2004,
1216 p., 23 €).
Dans notre série révisons nos classiques, un petit détour
du côté d'Arsène Lupin après la visite à
Sherlock Holmes entamée la semaine dernière. A première
vue, la comparaison tourne nettement à l'avantage du détective
londonien : l'intrigue est plus solide, les personnages mieux campés,
l'atmosphère mieux rendue et la langue plus riche chez Conan Doyle
que chez Maurice Leblanc, c'est indéniable. La raison en est peut-être
que le premier bénéficia d'un atout dont l'autre fut privé,
le temps. Conan Doyle est maître de son agenda, du moins au début,
trois ans séparent la première publication d'Une étude
en rouge du livre suivant, Le Signe des quatre. Leblanc, lui, travaille
dans l'urgence : comme l'indique Jacques Derouard dans sa préface,
dès la parution de la première nouvelle, "L'arrestation
d'Arsène Lupin" dans Je sais tout, l'éditeur
Pierre Lafitte annonce qu'il commencera dans son prochain numéro
la publication de la série La Vie extraordinaire d'Arsène
Lupin. Pour Leblanc, il faut fournir, imaginer des intrigues et surtout
donner une histoire à son personnage. On le voit donc cavaler au
cours de ces premières aventures pour doter Arsène Lupin
d'un passé (premier vol à sept ans), d'une idylle, d'une
motivation (le vol comme vengeance sociale), d'un ami (le mémorialiste,
bien sûr), d'une technique, l'entourer de protagonistes récurrents
comme le policier Ganimard, et tout cela se fait dans le plus grand désordre.
Il hésite encore sur la façon de raconter, certaines nouvelles
(les meilleures à mon goût) sont racontées par Lupin,
d'autres sont relatées à la troisième personne. Certaines
sont faibles et embrouillées mais l'intérêt réside
avant tout dans le travail de construction et de mise en place. La dernière
histoire met face à face Lupin et le célèbre Herlock
Sholmès, appelés à se retrouver dans le volume suivant
qui prendra la forme d'un vrai roman.
Citation (un certain Rozaine est soupçonné d'être
Arsène Lupin, auteur d'un vol audacieux sur un paquebot).
"Des papiers ! des actes de naissance ! s'écrièrent
les ennemis de Rozaine, mais Arsène Lupin vous en fournira tant
que vous voudrez !
On leur objectait qu'à l'heure du vol, Rozaine - c'était
démontré - se promenait sur le pont. A quoi ils ripostaient
:
- Est-ce qu'un homme de la trempe d'Arsène Lupin a besoin d'assister
au vol qu'il commet ?"
MERCREDI.
Vie sans nuages. Il y a des journées
qui commencent bien. Sortie matinale, tiens un billet de banque par terre,
hop, dans la poche, c'est un bon début. C'est encore mieux quand
ça dure, quand on arrive à l'hôpital de Saint-Avold
pour la visite chez le docteur K. Là, d'ordinaire, il y a deux
cas de figure. Soit on tombe, avant la visite, sur l'infirmière
gentille et on perd un peu d'appréhension, soit on tombe sur l'autre,
qui n'est pas méchante, juste un peu moins gentille disons, du
genre à dire que Lucie doit s'enfiler des bonbecs en loucedé,
sinon c'est pas possible d'arriver à des taux pareils, bref des
trucs qui ne font pas plaisir surtout quand on sait comment la môme
se surveille. Bon, pas de bol, c'est sur elle qu'on tombe mais, miracle,
la moins gentille est devenue presque aussi gentille que la gentille.
Elle nous apprend qu'elle sort d'une formation au cours de laquelle on
lui a fait mener pendant quarante-huit heures la vie d'une diabétique
porteuse de pompe à insuline, ce qui semble lui avoir donné
conscience de quelques réalités. Le test d'hémoglobine
glycquée fournit un résultat satisfaisant, le même
qu'en mai dernier, et le docteur K lui-même n'est pas mécontent.
Décidément, les dieux sont indulgents et ne s'arrêteront
pas en si bon chemin puisque le soir venu l'annonce des résultats
hippiques (le billet du matin, converti en tickets de PMU, a fait des
petits) et la qualification du FC Metz en Coupe de la Ligue viendront
confirmer leur bénévolence.
JEUDI.
Epinal - Châtel-Nomexy (et retour).
Seras-tu là ? de Guillaume Musso.
VENDREDI.
Lecture. Le Duchamp facile
(Marc Décimo, Les presses du réel, coll. L'écart
absolu, 2005; 160 p., 9 €).
Marc Décimo, que l'on croisera certainement au prochain Colloque
des Invalides (le 31 octobre, programme sur demande) n'est pas homme à
se disperser : la quasi-totalité de son oeuvre visible est consacrée
à Jean-Pierre Brisset et à Marcel Duchamp. Aussi, quand
il propose un Duchamp facile, on peut lui faire confiance, il connaît
son sujet. Duchamp facile, on est preneur car si l'on se fie aux apparences
et aux maigres connaissances que l'on possède, on manque un peu
de lumières pour appréhender le phénomène.
On ne va pas dire que tout devient subitement clair avec Décimo
mais l'éclairage qu'il apporte est le bienvenu. Pour comprendre
Duchamp, il faut d'abord comprendre sa famille. Bien que fils de notaire,
il n'est pas le mouton noir artistique de la maison : un grand-père
peintre et graveur, une mère peintre, une marraine critique d'art,
deux frères peintre et sculpteur, une soeur peintre, ça
compte tout de même. Mais la peinture, peut-être à
cause de ce poids familial, n'intéressera Duchamp que brièvement
et, de toute façon, sous des formes qui ne correspondent pas à
son héritage familial. L'art, pour lui, doit se débarrasser
des pesanteurs esthétiques, du goût et du beau, passer de
la dimension visuelle à la dimension cérébrale. Marc
Décimo explique son tempérament artistique par d'autres
influences : celles de Raymond Roussel (il assiste à la représentation
d'Impressions d'Afrique), de Jean-Pierre Brisset dont les jeux
de langage influeront sur les titres qu'il donnera à ses oeuvres,
et d'Alfred Jarry dont le "Merdre" ubuesque trouve son équivalent
dans l'urinoir balancé dans l'univers artistique. Influences techniques
aussi : les progrès technologiques l'intéressent, le dessin
industriel aussi, l'électricité, la plomberie, les machines...
Marc Décimo s'attarde longuement sur le ready-made duchampien,
le premier, la Roue de bicyclette bricolée pour rappeler,
dans son atelier, "le tourbillon des flammes dans la cheminée
qu'il n'a pas", et Fontaine, le fameux urinoir à partir
duquel il explique le principe de dissociation entre la chose (l'urinoir),
le lieu (la salle d'exposition) et le titre (Fontaine). Duchamp,
on le découvre ici, s'est beaucoup expliqué sur son travail,
il a livré nombre d'entretiens et d'articles sur lesquels Décimo
s'appuie constamment. La parole de Duchamp permet d'ailleurs de voir une
facette du personnage trop souvent masquée par les commentaires
abscons, son humour : "Je considérais que tout le passé
- la tradition - sauf Rabelais et Jarry, était fait de gens sérieux
qui considéraient que la vie était une chose sérieuse,
qu'il fallait produire des choses pour que la postérité
sérieuse comprenne ce que tous ces gens sérieux avaient
fait. Ça, j'ai voulu m'en débarrasser aussi." Au bout
du chemin, on ne trouvera peut-être pas Duchamp plus facile, mais
plus humain, c'est sûr.
SAMEDI.
Football. SA Epinal - SC Selongey
4 - 2.
IPAD. 27 décembre 1998. 179
km. (277 km).

154 habitants
Le premier
vrai monument extérieur. Il trône au milieu de la place de
la Mairie. La stèle s'élève sur trois marches, il
y a quatre reproductions d'obus aux coins, un pot de fleurs séchées
encore debout, un autre renversé.

A nos morts de la Grande Guerre
1914-1918
LECLERC Célestin
DROUILLY Adrien
POTHIER Edmond Sergt
GERARD Emilien
LAVOCAT Henri
LAMBOLEY Jules Adjt
JEUNE Henri
BOUVIER Abel
DEFRAIN Julien
GUENIN Adrien
PIQUE Julien
FULPIN Henri
LAVOCAT Jules
PARISOT Edmond
MARTIN Emile
Guerre 1939-1945
FLORIOT Jean Sergt
GODARD Ferdinand
(à
suivre)
L'Invent'Hair perd ses poils.

Dieppe (Seine-Maritime), envoi de Jacques Mitelman,
1er mai 2005
Bon dimanche.
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